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Les émotions des hommes pendant une FIV : un sujet encore tabou

Quand on parle de fécondation in vitro (FIV), les projecteurs sont naturellement tournés vers les femmes.

Et c’est normal.

Ce sont elles qui supportent les injections hormonales, les prises de sang, les échographies à répétition, les ponctions ovariennes et, bien souvent, les effets secondaires des traitements.

Mais pendant ce temps-là, les hommes vivent eux aussi quelque chose.

Simplement, ils en parlent beaucoup moins.

Et c’est peut-être là l’un des plus grands tabous de la PMA.

« Moi, ça va. »

Si je devais résumer ce que répondent beaucoup d’hommes pendant un parcours de FIV, ce serait probablement cette phrase.

« Ça va. »

Deux mots.

Ils mettent fin à la conversation.

Parce qu’au fond, on a souvent l’impression que nos émotions passent au second plan.

Notre conjointe vit quelque chose de tellement plus lourd physiquement que l’on se dit que ce n’est pas le moment de parler de nous.

Alors on garde tout à l’intérieur.

On serre les dents.

Et on avance.

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Il existe une forme de pression silencieuse.

Nous avons envie de soutenir notre partenaire.

D’être celui qui rassure.

Celui qui conduit jusqu’au centre de PMA.

Celui qui prépare le dîner après une ponction.

Celui qui dit :

« On va y arriver. »

Mais parfois, intérieurement, on doute autant qu’elle.

On a peur.

On imagine déjà le résultat de la prise de sang.

On fait semblant de croire que tout ira bien.

Et lorsque personne ne voit nos inquiétudes, il devient facile de croire qu’elles n’existent pas.

Les échecs deviennent de plus en plus difficiles

Le premier échec fait mal.

Le deuxième aussi.

Puis viennent parfois les suivants.

À chaque tentative, on se protège un peu plus.

On essaie de ne pas trop espérer.

On se dit que cette fois, on restera prudent.

Mais au fond, on espère toujours autant.

Et chaque résultat négatif vient heurter un projet de vie.

Pas seulement un traitement.

Avec le temps, certains hommes développent une forme de fatigue émotionnelle.

Ils continuent d’avancer.

Mais ils s’épuisent en silence.

Le piège du silence

Personnellement, j’ai longtemps gardé beaucoup de choses pour moi.

Je soutenais ma conjointe.

J’essayais d’être positif.

Je voulais lui éviter de porter aussi mes inquiétudes.

Alors je parlais très peu.

À personne.

Ni à mes proches.

Ni à mes amis.

Avec le recul, je pense que ce silence m’a davantage pesé que je ne voulais bien l’admettre.

Et je sais aujourd’hui que je suis loin d’être le seul dans cette situation.

Verbaliser ne signifie pas être faible

Pendant longtemps, j’ai cru que parler de mes émotions reviendrait à ajouter un poids supplémentaire sur les épaules de ma conjointe.

En réalité, c’est souvent l’inverse.

Mettre des mots sur ce que l’on ressent permet d’éviter que tout s’accumule.

Cela peut être avec votre partenaire.

Avec votre meilleur ami.

Avec un membre de votre famille.

Avec un psychologue.

Ou avec une personne qui a déjà vécu un parcours similaire.

Peu importe.

L’essentiel est de ne pas rester seul.

Votre conjointe ne vous demande pas d’être invincible

C’est une chose que j’ai comprise assez tard.

Nous pensons parfois que notre rôle consiste à être le pilier du couple.

À ne jamais craquer.

À toujours trouver les mots justes.

À toujours être optimiste.

La réalité est différente.

Votre partenaire préfère probablement un homme sincère qu’un faux super-héros.

Dire :

« J’ai peur moi aussi. »

Ou :

« Cet échec est difficile à vivre. »

N’est pas un aveu de faiblesse.

C’est une manière de continuer à avancer ensemble.

Les hommes aussi ont besoin d’être accompagnés

Aujourd’hui, de nombreux centres de PMA proposent un accompagnement psychologique.

Pourtant, les hommes sont encore peu nombreux à en profiter.

Par pudeur.

Par habitude.

Ou parce qu’ils pensent que d’autres en ont davantage besoin.

Il ne faut pas attendre d’aller mal pour consulter.

Quelques échanges suffisent parfois à remettre un peu d’ordre dans toutes les émotions qui s’accumulent.

Et cela peut faire une vraie différence sur la durée.

Prenez soin de votre couple

La PMA peut rapidement devenir le seul sujet de conversation.

Les rendez-vous.

Les injections.

Les résultats.

Les prochains protocoles.

Essayez de préserver des moments où vous redevenez simplement un couple.

Allez marcher.

Préparez un repas.

Regardez un film.

Partez un week-end.

Continuez à rire.

La PMA occupe une place importante dans votre vie.

Elle ne doit pas devenir toute votre vie.

Si vous vous reconnaissez dans cet article…

Alors retenez simplement ceci.

Vous n’êtes pas seul.

Vous n’êtes pas moins courageux parce que certains jours sont plus difficiles.

Vous n’êtes pas un mauvais compagnon parce que vous ressentez de la tristesse, de la colère ou du découragement.

Ces émotions sont normales.

Elles témoignent simplement de l’importance que ce projet a pour vous.

Et elles méritent, elles aussi, d’être entendues.

Ce qu’il faut retenir

Pendant un parcours de FIV, les hommes ont parfois tendance à s’effacer pour soutenir leur partenaire.

Cette générosité est admirable.

Mais elle ne doit pas conduire à s’oublier.

Parler de ce que vous ressentez n’enlève rien à la souffrance de votre conjointe.

Au contraire.

Cela permet souvent au couple de traverser les épreuves ensemble plutôt que chacun dans son silence.

Vous n’avez pas besoin d’être parfait.

Vous n’avez pas besoin d’être fort tous les jours.

Vous avez simplement besoin d’être humain.

Et c’est déjà largement suffisant.

Sources

  • European Society of Human Reproduction and Embryology – Recommandations sur le soutien psychologique des couples en médecine de la reproduction.
  • American Society for Reproductive Medicine – Recommandations concernant l’accompagnement émotionnel en PMA.
  • Agence de la biomédecine – Informations destinées aux couples engagés dans un parcours de PMA.
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