À un vol direct de Paris, l’île Maurice est plus simple à vivre en famille qu’on ne l’imagine. Les lagons, retenus par la barrière de corail, restent assez calmes et peu profonds pour rassurer les parents des plus petits ; les distances se comptent en minutes plutôt qu’en heures, ce qui épargne les longues routes avec des enfants à l’arrière ; et la plupart des grands hôtels s’organisent autour d’un club enfants doublé d’un club ados, le temps pour les parents de souffler un peu. Reste qu’il serait dommage de ne jamais quitter la plage : entre un volcan endormi, des tortues géantes, des marchés bondés et une cuisine née de trois continents, l’île a de quoi tenir une tribu en haleine. Voici, parmi les meilleurs hôtels pour les familles à l’île Maurice, trois adresses où poser les valises, et tout ce qu’il y a à faire autour.
Où dormir ?
LUX* Grand Gaube
Sur la pointe nord de l’île, le LUX* Grand Gaube occupe une presqu’île glissée entre deux baies, à dix minutes de Grand Baie mais à l’écart du bruit, avec deux plages et un lagon assez calme pour laisser barboter les plus jeunes. Ici, chacun finit par filer de son côté. Les 3-11 ans s’installent au PLAY et son bassin chauffé peu profond (cinquante centimètres, de quoi rassurer les parents), où l’on part à la chasse aux crabes sur le sable avant la séance de cinéma en plein air. Les ados s’approprient le Studio 17, ses consoles PS5 et sa Junk Art Gallery. Et toute la famille se retrouve à GAIA, le premier atelier de poterie installé dans un hôtel à l’île Maurice, les mains dans la terre. Quand vient l’heure de coucher une tribu entière, les Family Suites de 85 m² ouvrent leur salon, transformable en chambre d’enfant.


Côté table, on hésite entre le péruvien INTI, le turc Bodrum Blue posé sur pilotis au-dessus de l’eau et le burger shack du Banyan pensé pour les familles, sans oublier les glaces maison d’ICI, qui scellent les fins d’après-midi. Pendant ce temps, les parents s’éclipsent vers la zone réservée aux adultes, à l’ombre du grand banian, ou vers le LUX* Me Spa. Une adresse rétro-chic qui occupe tout le monde sans jamais séparer personne bien longtemps.
LUX* Grand Gaube
Pointe Réjane, Grand Gaube, île Maurice
Constance Le Chaland
À l’autre bout de l’île, sur la côte sud-est, Constance Le Chaland a ouvert début 2026 sur le sable de Le Chaland, à un quart d’heure seulement de l’aéroport, ce qui change tout le jour où l’on débarque avec des enfants épuisés par le vol. Le grand atout de l’adresse tient à ce qu’elle a sous la main : le parc marin de Blue Bay, dont les jardins de corail se découvrent palmes et tuba aux pieds, à quelques mètres du bord, dans des eaux protégées faites pour une première sortie snorkeling. Les 4-11 ans rejoignent le Coconut Tribe, où l’on suit le dauphin Siops d’un atelier d’écologie à une partie de cache-cache dehors. Pour les grandes tablées de cousins, la Pool Villa de quatre chambres déploie ses 395 m², sa piscine privée et sa cuisine, parfaite pour un barbecue à la nuit tombée.


Côté hôtel, une piscine famille répond à la grande piscine à débordement tournée vers l’océan. Les parents, quand vient leur tour, gagnent le Constance Spa et son hammam, ou déroulent un tapis de yoga face à la mer. Et l’on prend ses repas au Horizon, du matin au soir. Posée et tournée vers la nature, l’adresse reste à dix minutes de Mahébourg et de ses ruelles colorées.
Constance Le Chaland
Blue Bay Marine Park, Le Chaland, Plaine Magnien 51510, île Maurice
Long Beach
Cap à l’est, sur l’interminable plage de Belle Mare bordée d’un récif, Long Beach respire une énergie plus citadine, organisée autour d’une piazza à l’italienne où l’on dîne dehors et où les enfants courent entre les terrasses. La journée, ils se partagent entre le Sunlife Kids Club, qui occupe les 2-11 ans entre sport, bricolage et mini-discos, et le Waves Teens Club réservé aux 12-17 ans. Entre deux baignades (une piscine pour la famille, une autre au calme pour les adultes), les plus aventureux s’attaquent aux murs d’escalade, embarquent sur un bateau à fond de verre ou enfilent un casque pour une marche sous la surface du lagon ; certains matins, on part même observer les ruches du domaine.


L’après-midi, le Tides sort ses crêpes et ses gâteaux maison les pieds dans le sable ; le soir, la piazza fait son cinéma entre l’italien Sapori et le chinois Chopsticks, tandis que le japonais Hasu, réservé aux plus de 12 ans, offre aux parents un dîner au calme. L’évasion, elle, tient à une navette en bateau qui dépose toute la famille sur l’île aux Cerfs pour la journée, le temps d’une partie de golf pendant que les autres lézardent. Au retour, les parents s’offrent une parenthèse au GLOW Spa. Long Beach, c’est un peu la vie de village posée au bord du lagon.
Long Beach
Belle Mare, côte est, île Maurice
Où manger ?
À Maurice, la première leçon de cuisine se prend debout, au bord de la route. Devant les charrettes à dholl puri, on regarde le marchand étaler sa galette de pois cassés, la garnir d’un cari et la rouler en deux gestes ; les enfants mordent dedans avant même d’être remontés en voiture. C’est tout le pays qui tient dans cette bouchée tiède : les currys venus d’Inde, le rougaille créole, le piment qu’on apprend vite à doser. Au fil de la journée, on picore un gâteau piment encore chaud, un samoussa au sortir de la plage, des boulettes chinoises flottant dans leur bouillon, et l’on finit par une napolitaine (ce biscuit rose à la confiture que les petits repèrent de loin) ou un verre d’alouda, ce lait parfumé aux graines de basilic qui intrigue autant qu’il rafraîchit.

Mais le vrai terrain de jeu, c’est le marché. À Mahébourg, à quelques minutes de l’hôtel Constance Le Chaland, il s’étire le long de l’eau le lundi : on s’y perd entre les pyramides d’ananas Victoria, les bottes de litchis en saison, les épices en vrac et les étals de jouets qui font ralentir les enfants. Le marchand découpe l’ananas à la demande, le saupoudre de sel et de piment pour les plus grands, le laisse nature pour les autres. On repart les mains pleines, un fruit dans une main et un cornet de gâteaux dans l’autre, avec l’impression d’avoir goûté l’île bien plus sûrement qu’au buffet de l’hôtel.
Quelles activités à faire en famille ?
Le plus dur, à Maurice, c’est de convaincre les enfants de sécher le lagon. Le matin, on les attire avec une sortie en catamaran vers un îlot désert, ou un bateau à fond de verre qui leur montre les poissons sans se mouiller ; au sud, le parc marin de Blue Bay reste le meilleur endroit pour glisser un premier masque sur un petit visage et le laisser découvrir un jardin de corail. Sur la côte ouest, au départ de Tamarin, les barques partent tôt observer les dauphins qui longent la côte, et l’émotion d’en voir surgir un à quelques mètres vaut bien un réveil aux aurores.

Côté terre, deux noms reviennent dans toutes les bouches d’enfants. À Casela, on marche au milieu des zèbres et des autruches, on tend une feuille à une tortue géante et, pour les plus grands, on s’élance en tyrolienne au-dessus des gorges. Plus au sud, La Vanille Nature Park aligne des centaines de tortues des Aldabra que l’on caresse sans barrière, des crocodiles assoupis et un sous-bois de fougères où la poussette passe sans peine. Et quand il pleut sur les hauteurs, le Curious Corner de Chamarel, sa maison à l’envers et ses illusions d’optique tiennent une après-midi entière.

Restent les familles qui ne tiennent pas en place : pour elles, l’île déroule ses chemins de canne à VTT électrique, ses ravines de l’ouest à descendre en canyoning et, à la Vallée des Couleurs, une tyrolienne géante lancée au-dessus de la forêt. De quoi rentrer le soir avec des histoires plein la tête.
Que voir ?
Quand la peau a assez pris le soleil, l’île se laisse explorer par petites échappées d’une demi-journée. Dans le nord de l’île, le jardin de Pamplemousses fait toujours son effet : les enfants s’arrêtent net devant ses nénuphars géants, larges comme des plateaux, et devant l’allée de palmiers qui semble n’avoir pas de fin. Un peu plus loin, l’Aventure du Sucre raconte, dans une ancienne usine, comment la canne a façonné l’île ; la visite se termine par une dégustation de sucres bruns qui surprend les palais habitués au sucre blanc.
Au centre, à Curepipe, on se penche au bord du Trou aux Cerfs, cratère d’un volcan endormi aujourd’hui rempli de verdure, le genre de paysage qui impressionne les petits ; et plus haut encore, le lac sacré de Grand Bassin déploie ses statues monumentales de divinités hindoues, gardées par une colonie de macaques qui font le spectacle.

La capitale, enfin, se découvre à pied le long du front de mer du Caudan, à Port-Louis. L’arrêt que personne ne saute, c’est le Musée d’histoire naturelle : on y croise le squelette reconstitué du dodo, ce gros oiseau qui ne vole pas, disparu de l’île il y a plus de trois siècles et devenu son emblème. Les amateurs de grand air, eux, montent vers les belvédères des Gorges de Rivière Noire, où la forêt court à perte de vue. Une fois ces images en tête, la plage n’en paraît que plus douce.
