Lorsqu’un couple rencontre des difficultés à concevoir un enfant, beaucoup d’hommes pensent encore que les examens concerneront principalement leur partenaire.
La réalité est bien différente.
Aujourd’hui, le bilan de fertilité est systématiquement réalisé chez les deux membres du couple. Et c’est une excellente chose. Environ 40 à 50 % des difficultés de conception impliquent un facteur masculin, seul ou associé à un facteur féminin.
Pourtant, beaucoup de futurs papas découvrent seulement à ce moment-là des examens dont ils n’avaient jamais entendu parler : spermogramme, spermocytogramme, bilan hormonal, fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes…
À quoi servent-ils ? Sont-ils douloureux ? Que recherchent les médecins ?
Voici un guide complet pour mieux comprendre.
Pourquoi réaliser un bilan de fertilité masculine ?
Avant de proposer une insémination artificielle, une FIV ou une ICSI, les médecins doivent comprendre pourquoi une grossesse tarde à arriver.
Le bilan permet notamment de répondre à plusieurs questions :
- Produisez-vous suffisamment de spermatozoïdes ?
- Se déplacent-ils correctement ?
- Ont-ils une forme normale ?
- Existe-t-il un problème hormonal ?
- Une anomalie anatomique peut-elle expliquer les difficultés de conception ?
Les réponses permettront de choisir la technique de PMA la plus adaptée.
Le spermogramme : l’examen incontournable
S’il ne fallait retenir qu’un seul examen, ce serait celui-ci.
Le spermogramme est l’examen de référence pour évaluer la fertilité masculine.
Après quelques jours d’abstinence sexuelle (généralement entre deux et sept jours selon les recommandations du laboratoire), un recueil de sperme est réalisé dans un espace dédié.
L’échantillon est ensuite analysé.
Les biologistes évaluent notamment :
- le volume de l’éjaculat ;
- la concentration de spermatozoïdes ;
- leur mobilité ;
- leur vitalité ;
- leur nombre total.
Contrairement à une idée reçue, un spermogramme « anormal » ne signifie pas que vous êtes stérile.
Les résultats doivent toujours être interprétés par un médecin, en tenant compte de l’ensemble de votre situation.
Le spermocytogramme : observer la forme des spermatozoïdes
Le spermocytogramme est souvent réalisé en même temps que le spermogramme.
Cette fois, les biologistes examinent la morphologie des spermatozoïdes au microscope.
Ils observent notamment :
- la tête ;
- la pièce intermédiaire ;
- le flagelle.
Tous les hommes produisent naturellement une proportion importante de spermatozoïdes présentant des anomalies de forme.
L’objectif est simplement de vérifier que le pourcentage de spermatozoïdes morphologiquement normaux reste compatible avec une fécondation.
La spermoculture : rechercher une infection
Dans certains cas, le médecin peut demander une spermoculture.
Cet examen permet de rechercher la présence de bactéries ou d’autres micro-organismes susceptibles d’altérer la fertilité.
Si une infection est identifiée, un traitement adapté pourra être proposé avant de poursuivre le parcours de PMA.
Le bilan hormonal
La fertilité masculine dépend également du bon fonctionnement de plusieurs hormones.
Une simple prise de sang permet de mesurer notamment :
- la FSH ;
- la LH ;
- la testostérone ;
- parfois la prolactine ou d’autres hormones selon votre situation.
Ces résultats aident le médecin à comprendre si un déséquilibre hormonal peut expliquer une baisse de la production de spermatozoïdes.
L’échographie testiculaire
Lorsque cela est nécessaire, un urologue peut prescrire une échographie des testicules.
Cet examen est totalement indolore.
Il permet notamment de rechercher :
- une varicocèle (dilatation des veines du testicule) ;
- une anomalie anatomique ;
- une obstruction ;
- plus rarement une autre pathologie nécessitant une prise en charge spécifique.
Le test de fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes
C’est un examen encore relativement méconnu.
Pourtant, il prend une place de plus en plus importante dans certaines situations.
Le test de fragmentation de l’ADN ne s’intéresse plus seulement au nombre ou à la mobilité des spermatozoïdes.
Il évalue également la qualité de leur matériel génétique.
Une fragmentation importante peut être associée à certaines difficultés de fécondation, à des échecs répétés de PMA ou à certaines fausses couches précoces.
Cet examen n’est pas réalisé systématiquement.
Il est généralement proposé dans des situations bien particulières.
Les examens génétiques
Lorsque les anomalies spermatiques sont très importantes ou lorsqu’aucun spermatozoïde n’est retrouvé dans l’éjaculat, des examens génétiques peuvent être proposés.
Ils permettent notamment de rechercher certaines anomalies chromosomiques ou génétiques susceptibles d’expliquer l’infertilité.
Ces examens sont réalisés uniquement lorsque le contexte médical le justifie.
D’autres examens peuvent-ils être nécessaires ?
Oui.
Chaque homme est différent.
Selon votre histoire médicale, votre médecin peut également demander :
- un examen clinique complet ;
- un bilan infectieux ;
- des examens urinaires ;
- un prélèvement testiculaire dans certaines situations très particulières.
Le bilan est toujours personnalisé.
Comment bien préparer son spermogramme ?
Quelques règles simples permettent d’obtenir un résultat fiable.
Il est généralement recommandé de :
- respecter la durée d’abstinence demandée par le laboratoire ;
- signaler toute fièvre récente (une forte fièvre peut altérer temporairement la qualité du sperme pendant plusieurs semaines) ;
- informer le médecin de tous les traitements en cours ;
- éviter une consommation excessive d’alcool dans les jours précédents.
Si le premier spermogramme est perturbé, un second contrôle est très souvent demandé quelques semaines plus tard.
La qualité du sperme varie naturellement au fil du temps.
Que se passe-t-il si les résultats sont mauvais ?
C’est probablement la plus grande inquiétude des futurs papas.
Pourtant, un bilan anormal n’est pas une fatalité.
Selon les résultats, plusieurs solutions existent :
- améliorer certains facteurs liés au mode de vie ;
- traiter une cause médicale lorsqu’elle est identifiée ;
- proposer une insémination artificielle ;
- orienter vers une FIV ;
- recourir à une ICSI lorsque cela est indiqué.
Aujourd’hui, les progrès de la médecine de la reproduction permettent à de nombreux hommes présentant des anomalies spermatiques importantes de devenir pères.
Ce qu’il faut retenir
Le bilan de fertilité masculine ne se résume pas à un simple spermogramme.
Selon votre situation, plusieurs examens peuvent être réalisés afin d’évaluer la quantité, la qualité et le fonctionnement de vos spermatozoïdes, mais aussi votre équilibre hormonal ou certaines causes anatomiques.
Même si ces examens peuvent impressionner, ils ont un objectif très concret : comprendre votre situation afin de proposer le traitement offrant les meilleures chances de réussite.
N’oubliez pas qu’un résultat inhabituel ne définit pas votre masculinité, ni vos chances de devenir père.
Il constitue simplement une information médicale qui permettra d’adapter votre prise en charge.
Sources
- Organisation mondiale de la Santé – Manuel de laboratoire pour l’examen et le traitement du sperme humain (6ᵉ édition).
- Agence de la biomédecine – Informations destinées aux patients en parcours de PMA.
- Haute Autorité de Santé – Recommandations sur la prise en charge de l’infertilité.
- European Society of Human Reproduction and Embryology – Recommandations internationales sur l’évaluation de l’infertilité.
- American Urological Association et American Society for Reproductive Medicine – Recommandations conjointes sur l’infertilité masculine.
