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Comment aborder la perte d’un proche avec son enfant ?

Comment aborder la perte d'un proche avec son enfant ?

Face à notre propre deuil, il peut être très difficile d’expliquer la mort douloureuse d’un être cher et d’accompagner un enfant en deuil. Mais nous ne sommes pas les seuls à souffrir quand quelqu’un qui nous est cher meurt. Si vous pouvez partager votre douleur avec d’autres adultes, ce n’est pas la même chose pour les enfants. Comment parler à un bambin, un enfant ou un ado de la mort et lui faire vivre l’épreuve ?

La complexité du sujet du deuil chez un enfant

Plus l’enfant est jeune, plus les problématiques du deuil sont compliquées. En effet, faire face au décès d’un proche peut provoquer des ondes de choc. Celle-ci se prolonge parfois à l’âge adulte et a des effets délétères (culpabilité, dépression, etc.). L’enfant ou l’adolescent devra s’établir dans l’ombre du défunt en son absence.

Par conséquent, cet accompagnement doit se construire dans le temps, parfois même des années. Le chagrin lié à la mort se réveille soudainement après des années de déni, alors que votre entourage est déjà confronté à une phase de deuil. Ainsi, réconforter un enfant, ce n’est pas seulement l’aider, mais aussi assurer sa construction, sa reconstruction tout au long de son évolution.

Comment annoncer la mort d’un proche à son enfant ?

Aborder la mort avec un enfant ne doit pas être considéré comme un tabou. Selon l’âge, il faut trouver les mots adéquats. Plus il est jeune, plus les mots doivent être adaptés et compréhensibles. Lorsque nous utilisons une métaphore, telle que « il est allé dans les étoiles ou elle fait un grand voyage », cela peut entraver le processus de deuil.

Selon Michel Hanus, psychiatre fondateur de l’association « Vivre son deuil », il y a 4 mots qui peuvent accompagner un enfant endeuillé :

  • « Tu n’es pas responsable » pour l’empêcher de se sentir coupable
  • « La mort n’est pas contagieuse » afin qu’il n’ait pas peur irrationnellement de la mort « 
  • « Nous sommes avec toi, l’avenir va se dérouler comme ça » pour rassurer les enfants sur le fait qu’ils ne sont pas seuls et les aider à faire face à de nouvelles situations.
  • « Nous allons continuer à parler de lui/d’elle » : il faut préserver la mémoire du défunt. L’oubli est parfois une source d’anxiété chez les enfants.

S’il est difficile de voir un enfant pleurer, la douleur et le chagrin restent l’une des étapes du deuil qu’il faut accepter et endurer pour mieux l’aider. Ensuite, selon les croyances de chacun, on peut le dire autrement, à propos du concept de vie après la mort, de fin de vie, ou de transcendance…

Comment accompagner les émotions de l’enfant ?

Jusqu’à 6/7 ans, l’enfant ne montre pas de véritables signes de deuil : il vit dans le présent et ne saisit pas l’irréversibilité de la mort. Cependant, il peut souffrir du manque d’une personne avec qui il a des contacts réguliers. Il pouvait aussi ressentir la détresse des adultes autour de lui. En développant ses capacités symboliques, il prend progressivement conscience de la réalité de la mort.

Si l’enfant a plus de 6/7 ans et qu’il ne montre aucune réaction, alors il est enfin temps de s’inquiéter. Si à tout âge l’enfant a du mal à se concentrer, développe des troubles du sommeil ou de l’appétit, si ses performances scolaires baissent, si une nouvelle anxiété se développe, l’avis d’un psychologue s’avérera utile.

Parfois, un enfant montrera un chagrin plus évident à cause du chat ou du chien mort avec lequel il a vécu toute sa vie que sa famille n’en voit que rarement : il n’a pas à être jugé. Plus l’enfant est jeune, moins il comprend les effets de la mort.

De plus, il est difficile pour un enfant ou un adolescent d’aborder le sujet d’un parent décédé, c’est donc aux adultes qui l’entourent d’évoquer des souvenirs, de faire ressortir des images et de mettre en valeur les qualités humaines d’un être cher, de raconter des anecdotes de la vie quotidienne. Éviter le sujet ne mènera qu’à des questions sans réponse sur la douleur, supprimant le chagrin sans l’évacuer.

Plusieurs gestes peuvent aider les enfants à construire leurs souvenirs :

  • Écrire les faits, les faire rédiger par les proches ou par un rédacteur biographe dont les proches ou la famille peuvent témoigner pour immortaliser l’histoire du défunt sur papier ;
  • Créer un album
  • Visiter avec l’enfant les lieux symboliques que l’être cher aime ou qui marquent particulièrement son histoire.

Même lorsqu’un enfant est jeune, il passe sa vie plongé dans l’écriture, les albums ou le retour sur scène. Ce qui lui importe, c’est de reconstituer une histoire abrégée.

Est-ce que l’enfant doit venir aux obsèques ?

La perception de la mort par les enfants est très différente de celle des adultes. Il en est de même pour le rapport avec le défunt. Alors est-ce une bonne idée d’emmener un enfant à l’enterrement ?

L’accompagnement doit aller au-delà de la cérémonie

Avant l’âge de 6 ans, les enfants considèrent généralement la mort comme temporaire. En fait, les jeux et les dessins animés ressuscitent souvent leurs personnages. Les tout-petits ne comprennent donc pas toujours la gravité de la mort.

Vers l’âge de 6 à 9 ans, la notion de mort se précise. Quel que soit son âge, il est important de ne pas projeter votre propre opinion sur votre enfant et de le laisser choisir. Vous ne devez pas le forcer ni l’interdire. Ne pas le laisser dire au revoir à un être cher une dernière fois ralentit son travail de deuil. D’autre part, organiser une cérémonie où il verra sa famille en larmes peut le traumatiser.

Il faut donc porter une grande attention à ses émotions, ses exigences, ses perceptions. Plus l’enfant est préparé, plus on lui explique ce qui se passe ensuite, et plus il a de cartes pour affronter ces moments douloureux. Lorsqu’un enfant nous accompagne à un enterrement alors que nous sommes en deuil, nous devons être capables de lui montrer que malgré notre propre douleur, nous pouvons être disponibles et concentrés.

C’est un accompagnement qui doit se faire avant, mais aussi pendant et après la cérémonie. Si l’enfant ne va pas à l’enterrement, cela n’empêche pas de l’aider en pratiquant des rituels comme méditer avec lui dans la tombe, lui faire déposer des fleurs et le laisser exprimer ses émotions pour les accueillir avec bienveillance.

Les différentes approches des religions

Selon la religion, la méthode est différente. Les catholiques croient généralement que les enfants peuvent participer à la cérémonie pour mieux comprendre la mort. De plus, la mort n’est pas considérée comme une fin.

Chez les Juifs, il est important de demander aux enfants. Il n’y a ni obligation ni interdiction. La période de deuil de sept jours commence aux funérailles.

Enfin, chez les musulmans, les femmes et les enfants se retirent à l’inhumation. Pour permettre aux enfants de faire leur deuil, de nombreux livres spécifiques traitent de la mort dans un langage simple. Ils peuvent guider les adultes qui se sentent impuissants ou non qualifiés face aux enfants endeuillés.

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