Lorsqu’un couple rencontre des difficultés à concevoir un enfant, beaucoup d’hommes se demandent immédiatement s’ils auraient pu faire quelque chose différemment.
La réponse est nuancée.
Certaines causes d’infertilité sont totalement indépendantes de notre mode de vie. Elles sont liées à des maladies, à des anomalies génétiques ou à des facteurs que nous ne pouvons pas contrôler.
En revanche, d’autres éléments peuvent influencer la qualité des spermatozoïdes.
Et c’est souvent là que les mauvaises surprises commencent.
Car certaines habitudes du quotidien, parfois installées depuis des années, peuvent avoir un impact sur la fertilité… sans provoquer le moindre symptôme.
Voici les erreurs les plus fréquentes.
1. Penser que la fertilité masculine ne change jamais
C’est probablement l’idée reçue la plus répandue.
Parce qu’un homme produit des spermatozoïdes toute sa vie, beaucoup imaginent que leur qualité reste identique à 20, 35 ou 50 ans.
En réalité, la qualité du sperme évolue progressivement avec l’âge.
La mobilité peut diminuer, certaines anomalies génétiques deviennent un peu plus fréquentes et le délai nécessaire pour obtenir une grossesse peut s’allonger.
Cela ne signifie pas qu’il est impossible de devenir père après 40 ans.
Simplement que, nous aussi, nous avons une horloge biologique… même si elle est moins brutale que celle des femmes.
2. Continuer à fumer en pensant que cela n’aura pas d’impact
Le tabac reste l’un des principaux ennemis de la fertilité masculine.
Il est associé à une diminution du nombre de spermatozoïdes, à une baisse de leur mobilité et à une augmentation des anomalies de leur ADN.
La bonne nouvelle, c’est que la production des spermatozoïdes est continue.
Arrêter de fumer permet donc souvent d’améliorer progressivement certains paramètres du sperme.
Il faut simplement être patient : les effets se mesurent généralement après plusieurs mois.
3. Sous-estimer sa consommation d’alcool
« Je ne bois que le week-end. »
« Quelques verres entre amis, ce n’est pas grave. »
Une consommation occasionnelle et modérée n’est pas comparable à une consommation excessive ou régulière.
En revanche, l’alcool consommé en grande quantité peut perturber l’équilibre hormonal et diminuer la qualité du sperme.
Pendant un parcours de PMA ou lorsque vous préparez un projet de grossesse, réduire fortement sa consommation est une mesure de bon sens.
4. Consommer du cannabis ou d’autres drogues
Le cannabis est parfois présenté comme une substance « sans conséquence ».
Les données scientifiques montrent pourtant qu’il peut altérer plusieurs paramètres spermatiques chez certains hommes.
La cocaïne, les amphétamines, l’ecstasy et d’autres drogues récréatives peuvent également avoir des effets délétères sur la fertilité.
Si un projet parental est en cours, l’arrêt de ces consommations constitue l’une des meilleures décisions que vous puissiez prendre.
5. Oublier de parler de ses médicaments
C’est une erreur très fréquente.
Par habitude, beaucoup de patients ne signalent pas les traitements qu’ils prennent depuis longtemps.
Pourtant, certains médicaments peuvent avoir un impact sur la fertilité masculine.
C’est notamment le cas de certains traitements hormonaux à base de testostérone, des stéroïdes anabolisants utilisés pour la musculation, de certaines chimiothérapies ou encore de quelques traitements prescrits dans des maladies chroniques.
N’arrêtez jamais un traitement sans avis médical.
En revanche, informez systématiquement votre médecin ou votre centre de PMA de tous les médicaments, compléments alimentaires et produits naturels que vous utilisez.
6. Dormir trop peu
Le sommeil est souvent le grand oublié.
Pourtant, il participe au bon fonctionnement hormonal de l’organisme.
Un manque chronique de sommeil est associé à une diminution de la production de testostérone et peut influencer certains paramètres du sperme.
Essayez de viser entre sept et neuf heures de sommeil par nuit lorsque cela est possible.
7. Négliger son alimentation
Il n’existe aucun aliment miracle.
En revanche, une alimentation déséquilibrée peut favoriser le surpoids, les carences et un état inflammatoire peu favorable à la fertilité.
À l’inverse, une alimentation riche en fruits, légumes, poissons, légumineuses, céréales complètes et bonnes graisses est associée à une meilleure santé globale et pourrait être bénéfique pour la qualité spermatique.
Votre assiette ne remplacera jamais un traitement médical.
Mais elle fait partie de l’équation.
8. Faire l’impasse sur l’activité physique
L’exercice régulier améliore la santé cardiovasculaire, aide à maintenir un poids stable et contribue à diminuer le stress.
À l’inverse, une vie très sédentaire est associée à plusieurs facteurs pouvant influencer la fertilité.
Comme souvent, tout est une question d’équilibre.
Une activité physique régulière est bénéfique.
Le surentraînement associé à la prise de produits dopants ne l’est pas.
9. Ignorer une forte fièvre
Peu d’hommes le savent.
Une forte fièvre peut altérer temporairement la production de spermatozoïdes.
Ses effets peuvent se faire sentir pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Si vous réalisez un spermogramme après un épisode infectieux important, pensez à le signaler au biologiste ou au médecin.
Cette information peut être précieuse pour interpréter les résultats.
10. Se croire à l’abri parce qu’on a déjà eu un enfant
Avoir été père une première fois ne garantit pas que la fertilité restera identique plusieurs années plus tard.
Le mode de vie, l’âge, certaines maladies ou certains traitements peuvent modifier la qualité du sperme.
En médecine, on parle alors d’infertilité secondaire.
Elle est plus fréquente qu’on ne l’imagine.
11. Attendre trop longtemps avant de consulter
Beaucoup de couples espèrent naturellement que la grossesse arrivera le mois suivant.
Puis le suivant.
Puis encore le suivant.
Consulter n’est pas un aveu d’échec.
C’est simplement une façon de comprendre ce qui se passe.
De manière générale, un bilan est recommandé après douze mois de rapports réguliers sans contraception lorsque la femme a moins de 35 ans, ou plus tôt si un facteur de risque est identifié.
12. Penser que tout repose sur votre partenaire
C’est probablement l’erreur la plus injuste.
Pendant longtemps, l’infertilité a été considérée comme un problème essentiellement féminin.
Aujourd’hui, nous savons qu’un facteur masculin est impliqué dans près d’un couple infertile sur deux.
Le bilan concerne donc le couple.
Et chacun a un rôle à jouer.
Le piège de la culpabilité
En lisant cette liste, certains hommes pourraient se dire :
« Si seulement j’avais arrêté de fumer plus tôt… »
Ou :
« J’aurais dû faire plus attention. »
Attention à ce raisonnement.
La fertilité est multifactorielle.
Il est très rare qu’une seule habitude explique à elle seule des difficultés à concevoir.
L’objectif de cet article n’est pas de culpabiliser.
Il est de montrer que certaines habitudes peuvent être améliorées afin de mettre toutes les chances de votre côté.
Ce qu’il faut retenir
La fertilité masculine dépend à la fois de facteurs que nous ne maîtrisons pas et d’autres sur lesquels nous pouvons agir.
Arrêter le tabac, limiter l’alcool, éviter les drogues, dormir suffisamment, adopter une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière et informer son médecin de tous ses traitements sont autant de gestes qui contribuent à préserver la qualité des spermatozoïdes.
Ces changements ne garantissent pas une grossesse.
En revanche, ils constituent une excellente base pour aborder un projet parental, avec ou sans parcours de PMA.
Et surtout, rappelez-vous une chose.
Votre fertilité ne définit pas votre valeur en tant qu’homme.
Elle mérite simplement d’être prise au sérieux, comme n’importe quel autre aspect de votre santé.
Sources
- Organisation mondiale de la Santé – Manuel de laboratoire pour l’examen et le traitement du sperme humain (6ᵉ édition).
- European Society of Human Reproduction and Embryology – Recommandations sur les facteurs influençant la fertilité.
- American Society for Reproductive Medicine – Avis sur le mode de vie et la fertilité masculine.
- Agence de la biomédecine – Informations destinées aux couples en parcours de PMA.
- Haute Autorité de Santé – Recommandations sur la prise en charge de l’infertilité.
